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silence

Renée Vivien

Publié le par riende9?

 

 

 

 
Dans mon âme a fleuri le miracle des roses.
Pour le mettre à l’abri, tenons les portes closes.

Je défends mon bonheur, comme on fait des trésors,
Contre les regards durs et les bruits du dehors.

Les rideaux sont tirés sur l’odorant silence,
Où l’heure au cours égal coule avec nonchalance.

Aucun souffle ne fait trembler le mimosa
Sur lequel, en chantant, un vol d’oiseaux pesa.

Notre chambre paraît un jardin immobile
Où des parfums errants viennent trouver asile.

Mon existence est comme un voyage accompli.
C’est le calme, c’est le refuge, c’est l’oubli.

Pour garder cette paix faite de lueurs roses,
O ma Sérénité ! tenons les portes closes.

La lampe veille sur les livres endormis,
Et le feu danse, et les meubles sont nos amis.

Je ne sais plus l’aspect glacial de la rue
Où chacun passe, avec une hâte recrue.

Je ne sais plus si l’on médit de nous, ni si
L’on parle encor… Les mots ne font plus mal ici.

Tes cheveux sont plus beaux qu’une forêt d’automne,
Et ton art soucieux les tresse et les ordonne.

Oui, les chuchotements ont perdu leur venin,
Et la haine d’autrui n’est plus qu’un mal bénin.

Ta robe verte a des frissons d’herbes sauvages,
Mon amie, et tes yeux sont pleins de paysages.

Qui viendrait nous troubler, nous qui sommes si loin
Des hommes ? Deux enfants oubliés dans un coin ?

Loin des pavés houleux où se fanent les roses,
Où s’éraillent les chants, tenons les portes closes

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Jean Mambrino 50

Publié le par riende9?

Certaines silhouettes portent avec douceur

le temps sur leurs épaules,

comme un sentier la pluie d'automne le soir.

Elles revêtent en silence la douleur

du monde. As-tu vu cette vieille femme

qui tenait une enfant par la main, sa tête petite

levée vers elle ? Leurs regards, en se croisant,

se passent la même aurore. Enfance et vieillesse

orphelines. On ne sait qui enfante l'autre.

 

Ainsi la vie se transmet.

 

Jean Mambrino Comme un souffle de rosée bruissant ed Arfuyen 

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Camille Belguise (1894-1980)

Publié le par riende9?

"Dans le silence et la solitude

on n'entend plus que l'essentiel."

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Haïku Yone Noguchi

Publié le par riende9?

J'écoute le chant de l'oiseau

non pour sa voix, mais pour

le silence qui la suit

 

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La Demeure en juillet ...

Publié le par riende9?

La demeure en juillet, pendant l'après-midi.

À l'ombre des volets, la chambre s'acclimate ;

Le silence est heureux, calme, doux, attiédi,

Pareil au lait qui dort dans une fraîche jatte ;

La pendule de bois fait un bruit lent, hardi,

Semblable à quelque chat qui pousse avec sa patte

Les instants, dont l'un chante et l'autre est assourdi.

Le soleil va et vient dans l'ombre délicate,

Tout est tendre, paisible, encouragé, charmant,

On dirait que la joie auprès de nous habite ;

Pourtant l'on ne se sent aucun attachement...

Pourquoi n'Est-ce jamais dans ces instants qu'on quitte

La vie, avec son grand espace de tourment ?

 

Anna de Noailles (1876-1933) Les éblouissements

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Mwènè Gabriel Okoundji

Publié le par riende9?

XVII

 

Au petit matin

le petit jour s'est exilé dans sa propre lumière

comme un astre de misère dans la plaie de sa courbe

 

la lune a poursuivi son parcours nuage après nuage

                              dedans dehors

                              de jour de nuit

                              ici là-bas

                              devant et toujours devant

                    entre deux et deux pôles

                    entre mille et mille détours

                    entre le silence de la pierre et la fragilité de la fleur

 

Mwènè Gabriel Okoundji Vent fou me frappe poèmes ed Fédérop 

             

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Avril perpétuel de l'âme

Publié le par riende9?

Salue la lumière

qui t'ouvre les lèvres : ensuite

écarte les rideaux.

 

Dès le seuil invente

un mot toujours neuf,

précaire, ce sera "seuil".

 

Peut-être du givre

ou la frondaison, avance,

aux chemins de répondre.

 

Où que tu ailles, l'humus,

le sable, prends modèle

sur les ondes, allège-toi.

 

Ne sois que souffles

et vois : une glycine

a débordé le mur.

 

Ne coupe aucune fleur,

tu t'élargis

dans l'air des cimes.

 

Oublie tous les noms

sauf ceux du jardin,

à la fois ceux des plages.

 

Pleines mains sur ce tronc,

écoute, équitable,

le silence, la sève.

 

Rien ne reste invisible,

dis à présent

le parfum des lilas.

 

Pluie fine, la chair en liesse,

la clairvoyante, réveille

un chant de grive.

 

Les ailes, le coeur,

laisse-les battre,

laisse-les battre ensemble.

 

Si tu t'arrêtes, fais-le

à l'ombre d'un érable,

pense alors aux falaises.

 

Le vent sur les épaules,

n'aie soif ou faim

que d'embruns, de pollen.

 

Au soleil un vanneau,

un galet sous l'écume,

choisis l'un avec l'autre.

 

D'une même voix parle

à la nuit comme à l'aube

uniquement de ce qui va éclore.

 

Et toujours réserve

au creux de tes paumes

une place à l'écho.

 

Rends grâce au poème,

franchis l'horizon,

l'essor s'y régénère.

 

Pierre Dhainaut Rudiments de lumière ed Arfuyen

 

 

 

 

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François Cheng

Publié le par riende9?

Si le veut ton souffle

               nous serons chant

Racines mêlées

               branches enlacées

Toutes voix unique voie

Tous échos unique houle

 

Sur ta plage murmurante

               nous nous entendrons

Silence

 

François Cheng Le long d'un amour ed Arfuyen




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Annie Briet

Publié le par riende9?

Amas de cendre sur les nuages

Il neige sur les hauts du monde

Il neige des flocons de silence

Sourires d'anges éphémères

offrande d'un monde neuf

les montagnes, ces géants blancs

semblent endormis dans de grands

manteaux de laine

 

Pierres de patience ed Encres vives 2003Tlcharger Fond d'ecran hiver,  neige,  Montagnes,  paysage Fonds d'ecran gratuits pour votre rsolution du bureau 1920x1200 — image №494757

Photo trouvée par Cédric

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Jean Mambrino

Publié le par riende9?

Les grands automnes

                 descendent de la montagne

                                                   en silence

           jusqu'aux abeilles qui abandonnent

                        nos dernières roses

                 où la rosée le matin

                         a déjà le parfum de la neige.

 

Jean Mambrino L'oiseau-coeur précédé de Clairière et Sainte lumière ed Stock-Poésie  

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Illustration trouvée par Cédric

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