Jean Mambrino 50
Certaines silhouettes portent avec douceur
le temps sur leurs épaules,
comme un sentier la pluie d'automne le soir.
Elles revêtent en silence la douleur
du monde. As-tu vu cette vieille femme
qui tenait une enfant par la main, sa tête petite
levée vers elle ? Leurs regards, en se croisant,
se passent la même aurore. Enfance et vieillesse
orphelines. On ne sait qui enfante l'autre.
Ainsi la vie se transmet.
Jean Mambrino Comme un souffle de rosée bruissant ed Arfuyen