Ô vous mes nuits, mes noires attendues Ô pays fier, ô secrets obstinés Ô longs regards, ô foudroyantes nues, Ô vol permis outre les cieux fermés.
Ô grand désir, ô surprise épandue Ô beau parcours de l'esprit enchanté Ô pire mal, , ô grâce descendue Ô porte ouverte où nul n'avait passé
Je ne sais pas pourquoi je meurs et noie Avant d'entrer à l'éternel séjour. Je ne sais pas de qui je suis la proie, Je ne sais pas de qui je suis l'amour.
Comme l'eau avance dans ce lit d'un fleuve, pareillement la musque avançait dans le lit de mon être, entretenant, entraînant ampleur, et aspiration à l'ampleur.
Mon mal avait disparu et l'appréhension.
C'était oublié.
Par des brisements de toutes sortes et surtout d'une étrange sorte, la musique élue avait tout recouvert de sa façon unique.
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Henri Michaux extrait Le jardin exalté ed Fata Morgana