Homéopathie du vide
Ton sourire sapide
je le prends
et le laisse fondre
sous ma langue
trois fois par jour
Thomas Vinau Juste après la pluie Alma Editeur
Ton sourire sapide
je le prends
et le laisse fondre
sous ma langue
trois fois par jour
Thomas Vinau Juste après la pluie Alma Editeur
Je me souviens qu'un été récent, alors que je marchais une fois de plus dans la campagne, le mot joie, comme traverse parfois le ciel un oiseau que l'on n'attendait pas et que l'on n'identifie pas aussitôt, m'est passé par l'esprit et m'a donné, lui aussi, de l'étonnement.
Je crois que d'abord, une rime est venue lui faire écho, le mot soie ; non pas tout à fait arbitrairement, parce que le ciel d'été à ce moment-là, brillant, léger et précieux comme il l'était, faisait penser à d'immenses bannières de soie qui auraient flotté au-dessus des arbres et des collines avec des reflets d'argent, tandis que les crapauds toujours invisibles faisaient s'élever du fossé profond, envahi de roseaux, des voix elles-mêmes, malgré leur force, comme argentées, lunaires.
Ce fut un moment heureux ; mais la rime avec joie n'était pas légitime pour autant.
Philippe Jaccottet extrait de : à la lumière d'hiver
A la place du ciel
Je mettrai son visage
Les oiseaux ne seront
Même pas étonnés
Et le jour se levant
Très haut dans ses prunelles
On dira: "le printemps
Est plus tôt cette année?"
Beaux yeux, belle saison
Viviers de lampes claires
Jardins qui reculez
Sans cesse l'horizon
On fait déjà les foins
Le long de ses paupières
Les animaux peureux
Viennent à la maison
Je n'ai jamais reçu
Tant d'amis à ma table
Il en vient chaque jour
De nouvelles étables
L'un apporte sa faim
Un autre la douleur
Nous partageons le peu
Qui reste tous en choeur
Qu'un enfant attardé
Passe la porte ouverte
Et devinant la joie
Demande à me parler
Pour le mener vers moi
Deux mains se sont offertes
Si bien qu'il a déjà
Plus qu'il ne désirait
La chambre est encombrée
De rivières sauvages
Dans le foyer s'envole
Une épaisse forêt
Et la route qui tient
En laisse les villages
Traîne sa meute d'or
Jusque sous les volets
Tous mes fruits merveilleux
Tintent sur mon épaule
Son sang est sur ma bouche
Une flûte enchantée
Je lui donne le nom
De ma première enfance
De la première fleur
Et du premier été
René Guy Cadou Hélène ou le règne végétal (Seghers 1952)
Jamais nous ne serons assez nus. Pour le soleil comme pour nos yeux.
Jamais. Jamais assez transparents pour la danse.Nous devenons liquides d'avoir tant bu de miel.Nos veines forment des volutes.
Un jour t'en souviens-tu, je me suis habillé de mousse.
Il faudra tout de même revêtir nos corps tout à l'heure pour descendre au village.Mais dans nos yeux le couchant sera visible de tous.
Ils devineront peut-être que le vent nous a traversé.
Joruri
Ils se contemplèrent dans ce crépuscule. Deux êtres en plein songe, désespérément acculés à ce qu'il n'était plus dans leur pouvoir d'éviter ; ils se préparèrent à ce qui devait arriver.
Cependant la femme hésita un instant. Elle sortir de son rêve et aperçut les trois dieux dans le sanctuaire ; le plus grand, un grave vieillard, regardait droit devant lui, et à côté se trouvaient ses deux acolytes, d'honnêtes petits dieux au bord de la route, placés là pour ceux qui s'arrêtent dans leur chemin afin d'adorer ou de s'abriter. Elle prit le vêtement qu'elle venait de retirer et le lança sur leurs têtes, voilant leurs yeux fixes.
Pearl Buck La mère extrait
Quel mot pour vous pourrait être le synonyme poétique de :
Femme.
Homme
Savoir.
Voyage.
Étoile.
Bonheur.
Nature.
Beauté.
Arbre"
Qu-y a t-il dans ta boite à trésors ?
A quoi penses-tu en lisant ces mots: « Ce que chacun est seul à connaître» ?
Quelle question aimerais-tu qu'on te pose ?
Connais-tu le nom de tes voisins ?
Quel est ton jeu de société préféré ?
Si tu devais renoncer à une partie de ton corps laquelle serait-ce ?
Si tu savais très bien dessiner, quel serait ton sujet favori ?
Une chose que tu aimerais pouvoir faire avec ton corps ?
Le titre de ton prochain livre ?
De quelle œuvre d'art aurais-tu aimé être l'auteur ?
Dans quel film aurais-tu aimé jouer au cinéma,
ou quel rôle aurais-tu aimé interpréter, aurais-tu aimé jouer ?