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cheval

Chanson

Publié le par riende9?

 

Mon cheval arrêté sous l'arbre plein de tourterelles, je siffle un sifflement si pur, qu'il n'est promesses à leurs rives que tiennent tous ces fleuves.

Feuilles vivantes au matin sont à l'image de la gloire)...

Et ce n'est point qu'un homme ne soit triste, mais se levant avant le jour et se tenant avec prudence dans le commerce d'un vieil arbre,

appuyé du menton à la dernière étoile,

il voit au fond du ciel de grandes choses pures qui tournent au plaisir.

Mon cheval arrêté sous l'arbre qui roucoule, je siffle un sifflement plus pur...

Et paix à ceux qui vont mourir, qui n'ont point vu ce jour.

Mais de mon frère le poète, on a eu des nouvelles. Il a écrit encore une chose très douce. Et quelques-uns en eurent connaissance.

 

Enfance, mon amour, j'ai bien aimé le soir aussi

c'est l'heure de sortir.

Nos bonnes sont entrées aux corolles des robes...

et collés aux persiennes, sous nos tresses glacées, nous

avons

vu comme lisses, comme nues, elles élèvent à bout de

bras l'anneau mou de la robe.

Nos mères vont descendre, parfumées avec l'herbe -

à-Madame-Lalie... Leurs cous sont beaux. Va devant et

annonce Ma mère et la plus belle ! - J'entends déjà

les toiles empesées

qui traînent par les chambres un doux bruit de tonnerre...

 

Et la Maison! la Maison ?.. on en sort !

Le vieillard même m'envierait une paire de crécelles

et de bruire par les mains comme une liane à pois, la

guilandine ou le mucune. Ceux qui sont vieux dans le pays tirent une chaise sur

la cour, boivent des punchs couleur de pus.

 

Saint John Perse



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Gustave Roud

Publié le par riende9?

J'aimais la noire vallée, le bruit de l'eau à ma droite, ces flaques d'odeur, inexplicables, que je traversais tout à coup.
Les phares d'une automobile cachée tiraient violemment de l'obscur un dessin d'arbre, arrachaient à l'informe des fûts, des frondaisons figées - touchaient la forêt avec une espèce de doigt hagard.
Puis ils ont peint sur le talus mon ombre trébuchante, avançant, reculant par bonds et (j'entendais déjà ce trot de cheval peupler la solitude) côte à côte avec mon ombre, fraternelle, l'ombre d'un dragon derrière moi, qui s'élança soudain contre la pente, gagna la crête, immense, démesurée, et sauta dans le ciel.

Gustave Roud  Air de la solitude

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Pour t'avoir, pour deviner

Publié le par riende9?

Pour t'avoir là dans la maison

Comme une étoffe toujours blanche

Et sans souci des lunaisons

Te caresser le long des hanches

 

Pour deviner ta jambe nue

Comme un soleil d'été qui traîne

Dans le ruisseau d'une avenue

Un matin de tristesse humaine

 

Pour ne savoir te désirer

A chaque instant dans chaque femme

Pour t'aimer comme un beau cheval

Dans la rue pleine de passants

 

Pour soulever dans ton sourire

Un ciel d'automne ses pommiers

Pour balayer d'une main large

Les flocons noirs du souvenir

 

J'ai retrouvé tout mon courage.

 

René-Guy Cadou Poésie la vie entière ed Seghers

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