Haïkus Sôseki
Journée de printemps qui s'étire
Un bâillement entraîne l'autre
Deux amis se quittent
Vent d'est vent de printemps
Si je savais que tu m'attends
M'en irais de suite
Bois musical
Au parfum de paulownia
Pluie de printemps
Journée de printemps qui s'étire
Un bâillement entraîne l'autre
Deux amis se quittent
Vent d'est vent de printemps
Si je savais que tu m'attends
M'en irais de suite
Bois musical
Au parfum de paulownia
Pluie de printemps
L'enfant
s'efforce de cueillir
une goutte de rosée
Issa
L'herbe humide
de rosée,
matin de printemps
Henri Brunel
Dans la sobriété des roches provençales
Les amandiers noueux se crispent de douleur,
Mais, vers la février, des fleurs blanches et pâles
Eclosent brusquement de leur âpre noirceur.
Et moi aussi je suis comme l'arbre en torture.
Je suis crispé, rugueux et l'on me croit méchant,
Mais je sens sourdre en moi un candide murmure
Rien que d'avoir frôlé un peu votre printemps.
Sous mes airs renfrognés et mon écorce dure
Je porte au fond de moi de candides clartés,
Et par ce soir divin où la nuit est si pure
Mon cœur vient de fleurir ainsi que l'amandier.
Auguste Chabaud "poésie de la période sentimentale"
Frileux automne
Aux roux feuillages :
Chanson qui prône
Charrues, sillages.
Pluvieux Hiver :
Sève abondante
Aux dons divers
D'où naît la plante.
Brumeux printemps :
Sucré breuvage
Qu'offre le temps,
Aux fleurs sauvages.
Torride été,
Aux cheveux blancs :
Virilité...
Epis et vans.
Aherdan Le reflet du vent ed Marsam
Les cribleuses de blé Gustave Courbet
illustration trouvée par Cédric
Mortes couleurs de mauvais temps
Novembre en plumes de voyage
- Autant en portent les autans -
Seul des vols reste ce langage
Pris à la source en la quittant
Dont un reflet tenait en cage
Sourire outremer des printemps.
Olivier Larronde Œuvres poétiques complètes ed Le promeneur

photo trouvée par Cédric
J'attends le printemps,
le printemps, là,
dans mon cœur
Photo trouvée par Cédric (cœur de Marie) ici http://fr.wikipedia.org/wiki/C%C5%93ur_de_Marie
Il est des voluptés dans les forêts sauvages,
Et des plaisirs naissant sur de vides rivages,
Il est une harmonie en ce langage fier
Des vagues se brisant sur les grèves des mers.
Oui, j'aime mon prochain, mais toi, mère Nature,
Je te préfère à tout, souveraine, oubliant
Près de toi ce que fut naguère mon printemps,
Et ce que fit de moi la froide flétrissure
Des ans. Ainsi mon coeur, se ranimant encor,
Plein de sentiments neufs et d'ardeurs salutaire,
Cherche à les exprimer en des paroles d'or,
Mais ne les trouvant pas, pourtant, ne peut se taire.
Constantin Batiouchkov dans Anthologie de la poésie russe ed Gallimard

Photo Yann Huet trouvée par Cédric (voir commentaires ) ici http://www.ladamedepique.ru/article/russie-ile-reunion-passerelle-invisible
Pluie nouvelle dans la montagne déserte,
Air du soir empli de fraîcheur d'automne.
Aux rayons de lune s'ouvrent les branches de pin ;
Une source pure caresse les rochers blancs.
Frôlant les lotus, passent quelques barques de pêcheurs ;
Rires entre les bambous : c'est le retour des lavandières.
Ici et là, rôde encore le parfum du printemps...
Que ne demeure-tu, toi aussi, noble ami ?
Wang Wei Entre source et nuage voix de poètes dans la Chine d'hier et d'aujourd'hui François Cheng ed Albin Michel spiritualités vivantes
Ce n'est à présent l'été, ni ne me reviennent
Les jours indifférents du passé.
Le printemps faux déjà s'est caché
Dans un pli du temps chiffonné.
C'est tout ce que j'ai, un seul fruit,
Sous la chaleur de l'automne mûri.
José Saramago Les poèmes possibles traduction Nicole Siganos ed Jacques Brémond
Le pêcher rose sur la vallée
garde le secret de ma vie.
Dans l'air transparent mon amie
ouvrait les volets du matin
rien que pour voir nos fleurs mêlées
à l'aurore sur la vallée.
N'oublions jamais la maison
où pénétra l'amour patient
avec la brise lumineuse
de l'infini et du printemps.
André Dhôtel Poèmes comme ça ed le temps qu'il fait
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