Elégie
Il est des voluptés dans les forêts sauvages,
Et des plaisirs naissant sur de vides rivages,
Il est une harmonie en ce langage fier
Des vagues se brisant sur les grèves des mers.
Oui, j'aime mon prochain, mais toi, mère Nature,
Je te préfère à tout, souveraine, oubliant
Près de toi ce que fut naguère mon printemps,
Et ce que fit de moi la froide flétrissure
Des ans. Ainsi mon coeur, se ranimant encor,
Plein de sentiments neufs et d'ardeurs salutaire,
Cherche à les exprimer en des paroles d'or,
Mais ne les trouvant pas, pourtant, ne peut se taire.
Constantin Batiouchkov dans Anthologie de la poésie russe ed Gallimard

Photo Yann Huet trouvée par Cédric (voir commentaires ) ici http://www.ladamedepique.ru/article/russie-ile-reunion-passerelle-invisible