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coeur

Haïku Kito Akiyoshi

Publié le par riende9?

J'attends le printemps,

le printemps, là,

dans mon cœur

 

Dicentra spectabilis

Photo trouvée par Cédric (cœur de Marie) ici  http://fr.wikipedia.org/wiki/C%C5%93ur_de_Marie

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L'Hiver extrait du poème La mi-carême à l'étranger

Publié le par riende9?

Sois la bienvenue en ta robe,

Ta robe de brocart et d'argent ;

Parmi les vifs rayons de l'aube

Sur toi brillent les diamants.

Au fond de nos cœurs qui sommeillent,

Ton sourire, tes traits charmants,

Ta grâce animent et réveillent

Le feu des nouveaux sentiments.

Je te salue, ô passagère,

Belle comme un cœur rayonnant !

Sois bienvenue, petite mère,

Saison d'hiver, beau cygne blanc !

 

Pierre Viasemski Anthologie de la poésie russe ed Gallimard

http://www.lagribouille.com/mucha/deco/saisons-hiver.jpg

L'Hiver d'Alphonse Mucha 1896

Illustration trouvée par Max

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L'amour n'a pas d'age

Publié le par riende9?

Par les liens de Salma,

dans l'amour

il s'est trouvé enchaîné,

tout jeune adolescent ;

et le désir

a pris gîte en son coeur

sans vouloir jamais

le quitter.

 

L'affection de Salma

n'oublie aucun homme

et l'accompagne partout,

alors que celui qu'atteint l'ennui

se réfugie dans l'oubli

en achetant une chose

après une autre.

 

La blanche rafale de la vieillesse

sur toi s'est abattue,

sans changer ton désir d'elle.

Ni les cheveux blancs

ni l'écroulement

de l'oubli

ne sont parvenus à t'en délivrer.

 

Kouthayyir La Poésie arabe ed Phébus

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Le 22 mars 2007

Publié le par riende9?

Ce

qu'on

croit

penser

 

n'est que cette

 

pensée

... et basta

 

Seul

existe

en Réalité

 

ce dont on fait l'expérience

 

ce

qui

nous

touche

vraiment

le

coeur

 

Dan Fante Bons baisers de la grosse barmaid ed 13e Note editions

Photo de Luis Beltran trouvée amicalement par Constance (Icilondres) ici http://www.luisbeltran.es/

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La poésie

Publié le par riende9?

En toi, péniblement s'unissent

Le hasard, l'esprit créateur ;

La beauté n'a point de couleurs

Plus fuyantes et plus factices.

 

Dans l'ardent et houleux désert

Du monde, n'aimant qu'un mirage,

Chercher en d'ineffables vers

La magique fleur du langage ...

 

Tu nous troubles, irrésistible,

Impalpable, à peine visible,

De pâle et fuyante lueur,

 

Au point qu'à jamais tu nous lies

Par la pensée et par le coeur ;

Et que l'on t'aime à la folie !

 

Innocent Annenski Anthologie de la poésie russe ed Gallimard  

 

La magique fleur du langage...

L'amour est une fleur magique

... nous embrasse ! ;-) 

 

illustrations et texte Cédric

 http://www.photomonde.fr/la-psychotria-elata-la-fleur-en-forme-de-levres/

Psychotria-Elata-la-fleur-en-forme-de-lèvres

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Elégie

Publié le par riende9?

Il est des voluptés dans les forêts sauvages,

Et des plaisirs naissant sur de vides rivages,

Il est une harmonie en ce langage fier

Des vagues se brisant sur les grèves des mers.

Oui, j'aime mon prochain, mais toi, mère Nature,

Je te préfère à tout, souveraine, oubliant

Près de toi ce que fut naguère mon printemps,

Et ce que fit de moi la froide flétrissure

Des ans. Ainsi mon coeur, se ranimant encor,

Plein de sentiments neufs et d'ardeurs salutaire,

Cherche à les exprimer en des paroles d'or,

Mais ne les trouvant pas, pourtant, ne peut se taire.

 

Constantin Batiouchkov dans Anthologie de la poésie russe ed Gallimard  

 

 

Photo Yann Huet trouvée par Cédric (voir commentaires ) ici http://www.ladamedepique.ru/article/russie-ile-reunion-passerelle-invisible

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Wou-Ti Le vent d'automne

Publié le par riende9?

Le vent d'automne s'est levé,

          quel vol de blancs nuages !

L'herbe va jaunir, l'arbre s'effeuiller,

          au sud fuit l'oie sauvage.

Mais reste à l'orchidée sa fleur,

          l'arôme aux chrysantèmes,

Sans pouvoir l'oublier, mon coeur

           songe à celle que j'aime.

De la Fen, ma barque en voguant

           franchit l'eau tourmentée,

Et fait en travers du courant

          jaillir l'onde argentée.

Au son des flûtes et tambours,

          les chants des rameurs naissent.

Des plaisirs épuisés il sourd

          d'autant plus de tristesse.

Jeunesse et vigueur, qu'en durent les jours ?

          Quoi ! Déjà la vieillesse ?

 

Trésor de la poésie universelle Roger Caillois Jean-Clarence Lambert ed Gallimard / Unesco

      

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Le travail du poète (extrait)

Publié le par riende9?

                                                                                                    à Guillevic

I

Les belles manières avec les autres

Sur l'herbe pelée en été

Sous des nuages blancs

 

Les belles manières d'être avec les femmes

Dans une maison grise et chaude

Sous un drap transparent

 

Les belles manières d'être avec soi-même

Devant la feuille blanche

 

Sous la menace d'impuissance

Entre deux temps et deux espaces

 

Entre l'ennui et la manie de vivre

 

II

Qu'êtes-vous venu prendre

Dans la chambre familière

 

Un livre qu'on n'ouvre jamais

 

Qu'êtes-vous venu dire

A la femme indiscrète

 

Ce qu'on ne peut pas répéter

 

Qu'êtes-vous venu voir

Dans ce lieu bien en vue

 

Ce que voient les aveugles

 

III

La route est courte

On arrive bien vite

Aux pierres de couleur

Puis

A la pierre vide

On arrive bien vite

Aux mots égaux

Aux mots sans poids

Puis

Aux mots sans suite

 

Parler sans avoir rien à dire

On a dépassé l'aube

Et ce n'est pas le jour

Et ce n'est pas la nuit

Rien c'est l'écho d'un pas sans fin

 

IV

Une année un jour lointains

Une promenade le coeur battant

Le paysage prolongeait

Nos paroles et nos gestes

L'allée s'en allait de nous

Les arbres nous grandissaient

Et nous calmions les rochers

 

C'est bien là que nous fûmes

Réglant toute chaleur

Toute clarté utile

C'est là que nous chantâmes

Le monde était intime

C'est là que nous aimâmes

Une foule nous précéda

 

Une foule nous suivit

Nous parcourut en chantant

Comme toujours quand le temps

Ne compte plus ni les hommes

Et que le coeur se repent

Et que le coeur se libère

 

V

Il y a plus longtemps encore

J'ai été seul

Et j'en frémis encore

 

O solitude simple

O négatrice du hasard charmant

J'avoue t'avoir connue

 

J'avoue avoir été abandonné

Et j'avoue même

Avoir abandonné ceux que j'aimais

Au cours des années tout s'est ordonné

Comme un ensemble de lueurs

Sur un fleuve de lumière

Comme les voiles des vaisseaux

Dans le beau temps protecteur

Comme les flammes dans le feu

Pour établir la chaleur

Au cours des années je t'ai retrouvée

O présence indéfinie

Volume espace de l'amour

 

Multiplié

 

(...)

 

Paul Eluard Poésie ininterrompue ed Poésie / Gallimard 

 

 

 

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François Cheng

Publié le par riende9?

Entrer dans la quiétude

Pour qu'en toi

            renaisse la rythmique

Entrer dans le silence

Pour que de loin

            te revienne la musique

Que nostalgie

            ne soit plus déchirure

Qu'espérance

            ne soit plus attente

Que la vie perdue devienne

Un coeur autre qui bat

           au fin fond de ton corps

Plus que les saisons intransigeantes

           souverain

 

François Cheng Le livre du Vide médian ed Albin Michel

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Je demande au poète

Publié le par riende9?

Je demande au poète

de délivrer son chant

des filets de la raison

pour lire dans les schistes

le signe des origines

 

Je demande au poète

cette immersion dans la tempête

qui laisse sur les mots

l'odeur des marées

le reflet des nacres

 

Je demande au poète

l'itinéraire des vergers

pour que chaque floraison

enlumine ses recueils

 

Je demande au poète

l'insurrection du coeur

quand la ville frileuse

séquestre le printemps

 

Mais dans le ciel

que ses doigts effleurent

je cherche les réponses

qu'il ne peut me donner.

 

Jean-Luc Pouliquen Visages de poésie vague de poètes en Méditeranée Jacques Basse ed Rafael De Surtis 

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