Wou-Ti Le vent d'automne
Le vent d'automne s'est levé,
quel vol de blancs nuages !
L'herbe va jaunir, l'arbre s'effeuiller,
au sud fuit l'oie sauvage.
Mais reste à l'orchidée sa fleur,
l'arôme aux chrysantèmes,
Sans pouvoir l'oublier, mon coeur
songe à celle que j'aime.
De la Fen, ma barque en voguant
franchit l'eau tourmentée,
Et fait en travers du courant
jaillir l'onde argentée.
Au son des flûtes et tambours,
les chants des rameurs naissent.
Des plaisirs épuisés il sourd
d'autant plus de tristesse.
Jeunesse et vigueur, qu'en durent les jours ?
Quoi ! Déjà la vieillesse ?
Trésor de la poésie universelle Roger Caillois Jean-Clarence Lambert ed Gallimard / Unesco