pensee
Laissons !
Rêvons le soir,
Tôt le matin, partons -
Laissons notre pensée
Faire la maraude
Dans les vergers
Où les fruits sont mûrs...
Là...
Où la dent peut mordre
Et le goût se délecter
Rejoignons-nous
Là...
Où la feuille frémit...
D'être toujours verte !
Aherdan Le reflet du vent ed Marsam

Photo trouvée par Cédric voir commentaires
Le 22 mars 2007
Ce
qu'on
croit
penser
n'est que cette
pensée
... et basta
Seul
existe
en Réalité
ce dont on fait l'expérience
ce
qui
nous
touche
vraiment
le
coeur
Dan Fante Bons baisers de la grosse barmaid ed 13e Note editions

Photo de Luis Beltran trouvée amicalement par Constance (Icilondres) ici http://www.luisbeltran.es/
La poésie
En toi, péniblement s'unissent
Le hasard, l'esprit créateur ;
La beauté n'a point de couleurs
Plus fuyantes et plus factices.
Dans l'ardent et houleux désert
Du monde, n'aimant qu'un mirage,
Chercher en d'ineffables vers
La magique fleur du langage ...
Tu nous troubles, irrésistible,
Impalpable, à peine visible,
De pâle et fuyante lueur,
Au point qu'à jamais tu nous lies
Par la pensée et par le coeur ;
Et que l'on t'aime à la folie !
Innocent Annenski Anthologie de la poésie russe ed Gallimard
La magique fleur du langage...
... nous embrasse ! ;-)
illustrations et texte Cédric
http://www.photomonde.fr/la-psychotria-elata-la-fleur-en-forme-de-levres/

Madrigal
Plus transparente
Que cette goutte d'eau
Entre les doigts de la plante grimpante
Ma pensée tend un pont
De toi-même à toi-même
Regarde-toi
Plus réelle que le corps que tu habites
Fixe au centre de mon front
Née pour vivre sur une île.
Octavio Paz Versant Est ed Poésie / Gallimard traduit par Yesé Amory
Poésie II (1948) VII
Quand la nuit est brillamment éparpillée
Lorsque la pensée est intouchable
Je dis fleur de montagne pour dire
Solitude
Je dis liberté pour dire désespoir
Et je vais bûcheron de mes pas
Egarer les mensonges
Dans une forêt de bois
Pleine de justice et de romances
Georges Schehadé Les Poésies ed augmentée de Le nageur d'un seul amour ed Poésie / Gallimard
Cinq heures
Ma table de Café,
Comme je la chéris... La coquette,
Toute en marbre poli,
Qu'elle est jolie et qu'elle est fraîche !
Avec un siphon vert au milieu,
Et, à côté, les allumettes
Devant mon verre rempli
D'une boisson légère.
(J'ai toujours proscrit les liqueurs,
Les trouvant peu décoratives :
Les sirops ont des couleurs
Plus vives et plus brutales.)
C'est sur elle que je peux écrire
Mes vers argentés,
Au grand étonnement des garçons
Qui me regardent sans compendre.
Sur elle je pose mes bras
Avec détachement,
Cherchant dans l'air les vestiges
De ma vie passée.
Ou bien, grillant des cigarettes,
- Car cela fait un an que je fume -
J'imagine et je confectionne
Mes petites intrigues bizarres.
(Et si par hasard devant moi
Passe l'éclat d'une jolie femme,
La fumée de ma cigarette
Va l'embrasser, bien entendu...)
L'arrivée d'un nouveau client,
C'est un nouvel acteur sur la scène,
Car mon regard ennuyé
Lui prête aussitôt un rôle.
Et le rouge de ces lèvres
Qu'au fond j'aperçois, si tristes,
Dans ma pensée persiste
Et ne la quitte plus.
Telles sont les futilités
Enfermées dans mon souvenir ;
De ces visions fugitives
Naissent mes plus fortes nostalgies...
(Telle histoire en Or, si belle,
Dans ma vie avorta :
Je fus un héros de roman
Inemployé par les auteurs...)
Dans les Cafés, j'attends la vie
Qui jamais ne vient à moi :
- Je ne suis pas en peine
Du temps qui passe en courant.
Mon but est de passer le temps,
L'idéal qui seul me reste :
Pour moi, il n'est plus belle fête,
Et je ne trouve rien plus beau.
- Cafés de ma paresse,
Vous êtes aujourd'hui - quel exploit ! -
Tout mon terrain d'action
Et toute mon ambition.
Paris, septembre 1915
Mario de Sa-Carneiro Poésies complètes ed Minos La différence
13
La musique seule
peut occuper le lieu de la pensée.
Ou son non-lieu,
son propre espace vide,
son vide plein.
La pensée est une autre musique.
Et la pensée seule
peut à son tour occuper le lieu de la musique
et s'infiltrer comme elle
à l'extrémité la plus lointaine de ce qui existe,
comme un presque animal si conséquemment fin
où l'être cesse d'être l'être
pour être un peu plus que l'être.
Roberto Juarroz dixième poésie verticale ed Corti traduction de François-Michel Durazzo



