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fleurs

Les Vents Première Partie (Traduite de poèmes norvégiens)

Publié le par riende9?

 

Comme je m’acheminais vers la colline, je rencontrai le Vent du Nord.
Il était vêtu d’un grand manteau de neige et sa couronne de glaçons étincelait.
Il me dit: «Laisse-moi t’emporter vers les immuables blancheurs.
«Tu verras les aurores incomparables, les mers immobiles et lumineuses, les 
montagnes de cristal qui flottent sur les eaux et les solitudes pâles au fond de 
l’éternel silence.»

Je répondis au Vent du Nord:

«Mon âme est retenue au village par le sourire indécis d’une vierge.»
Le Vent du Nord s’enfuit dans un frisson d’ailes.
Comme je m’acheminais vers la colline, je rencontrai le Vent de l’Est.
Il était vêtu de pourpre et sa couronne de rayons flamboyait.
Il me dit: «Laisse-moi t’emporter vers la lumière.
«Tu verras le faste des couleurs, les dorures des pagodes aux clochetons 
bizarres, le chatoiement soyeux des robes de mousmés et la naissance glorieuse 
du Soleil.»

Je répondis au Vent de l’Est:

«Mon âme est retenue au village par le sourire indécis d’une vierge.»
Le Vent de l’Est s’enfuit dans un frisson d’ailes.
Comme je m’acheminais vers la colline, je rencontrai le Vent du Sud.
Il était vêtu d’or et sa couronne d’étoiles resplendissait.
Il me dit: «Laisse-moi t’emporter vers l’azur.
«Tu verras les forêts aux végétations paradoxales, la grâce des lionnes et la 
subtilité des panthères, les reptiles indolents et splendides, les temples et 
les ruines, les sphinx accroupis dans les déserts, les oasis et les mirages, et 
l’inexprimable magnificence des fleurs.»

Je répondis au Vent du Sud:

«Mon âme est retenue au village par le sourire indécis d’une vierge.»
Le Vent du Sud s’enfuit dans un frisson d’ailes.
Comme je m’acheminais vers la colline, je rencontrai le Vent de l’Ouest.
Il était vêtu de vert tendre et sa couronne de perles rayonnait.
Il me dit: «Laisse-moi t’emporter vers la mer.
«Tu verras l’infini des horizons ruisselants et le charme mystique des brumes, 
le passage des voiles dont la blancheur légère se colore, vers le soir, de 
violet et d’orange, et l’étendue fabuleuse des Océans.» 

Je répondis au Vent de l’Ouest:

«Mon âme est retenue au village par le sourire indécis d’une vierge.»
Le Vent de l’Ouest s’enfuit dans un frisson d’ailes.


Renée Vivien

 

 

 

 

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Maurice Maeterlink extrait de "La vie des abeilles"

Publié le par riende9?

Dont acte:

 

 

"Reprenons donc, où nous l'avions laissée,

l'histoire de notre ruche, pour écarter, autant

que possible, un des plis du rideau de guirlandes

au milieu duquel l'essaim commence à éprouver

cette étrange sueur presque aussi blanche

que la neige et plus légère que le duvet d'une

aile. Car la cire qui naît ne ressemble pas

à celle que nous connaissons tousElle est

immaculée, impondérable, elle paraît vraiment

l'âme du miel, qui est lui-même l'esprit

des fleurs, évoquée dans une incantation immobile,

pour devenir plus tard entre nos mains,

en souvenir, sans doute, de son origine il y

a tant d'azur, de parfums, d'espace cristallisé,

de rayons sublimés, de pureté et de magnificence,

la lumière odorante de nos derniers

autels."

 

Extrait de "la vie des abeilles"

Maurice Maeterlink.

 

 

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Georges Sand Contes d'une grand-mère

Publié le par riende9?

Les papillons ne sont que des fleurs envolées un jour de fête où la nature était en veine d'invention et de fécondité.

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Olivier Larronde

Publié le par riende9?

A la place d'un bouquet

Voici mes petites fleurs abstraites

Et c'est le bouquet des bouquets

Et c'est le carré du caviar

D'une promenade à la vôtre.

 

Olivier Larronde Œuvres poétiques complètes ed Le promeneur



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Auguste Chabaud

Publié le par riende9?

Dans la sobriété des roches provençales

Les amandiers noueux se crispent de douleur,

Mais, vers la février, des fleurs blanches et pâles

Eclosent brusquement de leur âpre noirceur.

 

Et moi aussi je suis comme l'arbre en torture.

Je suis crispé, rugueux et l'on me croit méchant,

Mais je sens sourdre en moi un candide murmure

Rien que d'avoir frôlé un peu votre printemps.

 

Sous mes airs renfrognés et mon écorce dure

Je porte au fond de moi de candides clartés,

Et par ce soir divin où la nuit est si pure

Mon cœur vient de fleurir ainsi que l'amandier.

 

Auguste Chabaud "poésie de la période sentimentale"

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Douce plage où naquit mon âme

Publié le par riende9?

Douce plage où naquit mon âme ;

et toi, savane en fleurs

Que l'Océan trempe de pleurs

Et le soleil de flamme ;

 

Douce aux ramiers, douce aux amants,

Toi de qui la ramure

Nous charmait d'ombre et de murmure,

Et de roucoulements ;

 

Où j'écoute frémir encore

Un aveu tendre et fier -

Tandis qu'au loin riait la mer

Sur le corail sonore.

 

Paul-Jean Toulet (1867-1920) Les contrerimes

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Bonheur

Publié le par riende9?

La lumière est sur nous comme un buisson d'abeilles.

En nous vibre une vaste et vermeille rumeur,

Le monde recommence où nos âmes pareilles

Vont piller les vergers du bonheur :

 

Ce que les coeurs puissants ont rêvé de saisir,

La vie épanouie en gerbe jusqu'aux cimes,

La tendresse, l'éclair, les regrets, le désir,

Quels astres, quelles fleurs ! fût-ce au bord des abîmes.

 

Violette Rieder Poèmes inédits

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La route d'Aigues-Mortes

Publié le par riende9?

I

Sur la rout' des Saintes-Maries

Les Rabouins semblaient s'engueuler.

Mais dans leur langue de Hongrie

Ce n'était que mots d'amitié.

 

II

Les fleurs faisaient un peu gitanes

Les jolis enfants goudronnés

Disaient de tendres mots grossiers

Au bord de l'ombre des platanes

 

III

Nous allumâmes nos chandelles

Quand la nuit stoppa le convoi

Et nous chantâm's pour notre roi

Des hermétiques bagatelles.

 

IV

Et puis chacun boucla sa gueule

Sauf, on ne sait quel moustachu

Qu'on envoya choir dans un' meule

Avec un bon coup d' pied au cul.

 

1950 Pierre Mac Orlan Poésies documentaires complètes ed Poésie / Gallimard

 

 

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Les quatre pétales

Publié le par riende9?

Frileux automne

Aux roux feuillages :

Chanson qui prône

Charrues, sillages.

 

Pluvieux Hiver :

Sève abondante

Aux dons divers

D'où naît la plante.

 

Brumeux printemps :

Sucré breuvage

Qu'offre le temps,

Aux fleurs sauvages.

 

Torride été,

Aux cheveux blancs :

Virilité...

Epis et vans.

 

Aherdan Le reflet du vent ed Marsam

 

File:Gustave Courbet 014.jpg

Les cribleuses de blé Gustave Courbet

illustration trouvée par Cédric

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Haïkus Sôseki

Publié le par riende9?

Les fleurs sont tombées

Des pétales déchirés le courant a emporté

Jusqu'à l'ombre

 

La brise d'automne se lève

Avec elle l'araignée

Toile scintillante

http://2.bp.blogspot.com/-6aq1oqfX6mw/UptGDyEpujI/AAAAAAAAJhA/l0E_dtjN6SM/s1600/aefert8tllkpfedavq31qhgvl7529b467fbbe.jpg

Photo trouvée par Cédric

 

Dans la froideur du matin

Mes os sont vivants

Je reste immobile

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