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La musique seule
peut occuper le lieu de la pensée.
Ou son non-lieu,
son propre espace vide,
son vide plein.
La pensée est une autre musique.
Et la pensée seule
peut à son tour occuper le lieu de la musique
et s'infiltrer comme elle
à l'extrémité la plus lointaine de ce qui existe,
comme un presque animal si conséquemment fin
où l'être cesse d'être l'être
pour être un peu plus que l'être.
Roberto Juarroz dixième poésie verticale ed Corti traduction de François-Michel Durazzo