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Espoir

Publié le par riende9?

Voici bien longtemps que je n'ai

pas écrit de poème.

En ai-je écrit jamais

poétiques je veux dire ?

 

Des paroles dans le vent

en espérant que le vent

est poète à ses heures

et nous prêtant sa voix

harmonise nos artifices.

 

Nos strophes seraient bien des branches

avec mille feuilles que l'air du large

fera parler peut-être un jour

où personne n'écoutera.

 

Car l'essentiel serait

qu'on n'écoute jamais

et qu'on ne sache pas

qui parle et qui se tait.

 

Vous comprenez nos phrases vides

agrandissent l'espace

où des souffles se lèvent

avec leurs accents qui vont

par delà l'horizon.

 

Le secret c'est d'attendre

le retour d'une chanson

dont on a lancé trois syllabes

pour que le ciel nous renvoie

quelque phrase décisive

que cette phrase soit

printanière ou orageuse.

 

André Dhôtel Poèmes comme ça  ed Le temps qu'il fait

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Ecriture

Publié le par riende9?

Dis qu'elle est

une première goutte

et qu'elle se fige dès que tu doutes

 

Dis qu'elle est

un don

et qu'elle fuit le froid du passage

pour se contenter du creuset de l'absence

 

Dis-lui à elle

d'être un abri pour eux

 

Dis-leur à eux

qu'elle est le souffle

qui enflamme les nuages

 

Mohammed BENNIS anthologie de poésie arabe contemporaine ed actes sud junior 

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haïkus printemps suite

Publié le par riende9?

 

Bouche bée

l'enfant regarde tomber les fleurs _

c'est un Bouddha !

 

Otani Kubutsu

 

Le monde

est devenu

un cerisier en fleurs

 

Ryôkan

 

Sous les fleurs de cerisier

grouille et fourmille

l'humanité

 

Kobayashi Issa 

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Publié depuis Eklablog

Publié le par riende9?

bof bof

elle fera mieux

la prochaine fois

 

Un oiseau

se perd

dans le chèvrefeuille

 

Le moineau

fait la course

avec l'auto

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Publié depuis Eklablog

Publié le par riende9?

Il faut du temps pour être sincère, c'est à dire pour pouvoir exprimer au plus juste tout ce qu'on pense et tout ce qu'on sent.

 

Joubert dans Ces mots qui nourrissent et apaisent phrases et textes relevées au cours de mes lectures de Charles JULIET ed P.O.L.

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haïkus printemps

Publié le par riende9?

La solitude

le froid du printemps

rien d'autre

 

Uemura Sengyo

 

Regards à l'horizon

narines au ciel_

ces fleurs de printemps !

 

Ueshima Onitsura

 

Averse de pétales _

je voudrais boire

l'eau des brumes lointaines !

 

Kobayashi Issa

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abeilles au travail

Publié le par riende9?

abeilles au travail

mais ne cherchez pas

on n'en voit pas

ou une peut-être.

 

vu aussi

le premier papillon

de la saison.

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euphorismes suite

Publié le par riende9?

Si on veut faire tout ce qu'on doit

on n'a plus le temps

de faire tout ce qu'on aime.

 

Je suis jaloux des fleurs :

elles plaisent aux femmes

sans le faire exprès.

 

Il est plus facile d'éblouir que d'éclairer.

 

On a beau chercher, on trouve rarement

de vraies raisons d'être sur de soi ;

mais c'est quand-même bien d'essayer.

 

Il est très mal élevé

d'être le meilleur en tout.

La-dessus j'ai beaucoup de savoir-vivre.

 

On n'enferme pas un rêve,

même s'il est fou.

 

Le poète est, comme tout homme,

prisonnier de lui-même,

mais il a su, lui,

s'envoler avec la cage.

 

J'ai abandonné la peinture

quand j'ai constaté que ma palette

était plus belle que mes tableaux.

 

Même les plus jolies fleurs

se font de l'ombre entre elles.

 

Il me dit que sa solitude

lui tient compagnie.

C'est trop beau pour être faux.

 

Je ne suis pas sûr

de partager tous mes goûts.

 

Essayer de vouloir est plus difficile

que vouloir essayer.

 

Quand on doute de soi

on a toujours raison.

Mais il ne faut pas que

ça devienne une habitude.

 

Ne pouvant m'offrir des vases Ming,

je me contente de sandales tong.

 

Grégoire Lacroix extraits de les euphorismes de Grégoire ed Max Milo  

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euphorismes

Publié le par riende9?

Avec moi, le ménage

c'est aussi taudis aussitôt fait.

  

L'amour c'est comme le jazz :

c'est n'importe quoi

mais pas n'importe comment.

 

Pourquoi faire les choses à moitié

quand le quart suffit ?

 

Le temps n'est pas maître de notre destin,

il n'en est que le comptable.

 

Il y a des moments tellement magiques

qu'ils vous donnent

la nostalgie du présent.

 

A force de me planter

je vais bien finir par pousser.

 

On n'est adulte que lorsqu'on a pris la

mesure de son insignifiance.

 

Ceux qui exigent la vérité

ne devraient pas s'en plaindre.

 

L'amour que l'on ressent

ne donne aucun droit,

celui que l'on inspire aucun devoir.

 

Avec l'âge on renonce

à bien des choses

dont on aurait pu se passer

beaucoup plus tôt.

 

Le papillon bat des ailes,

comme pour applaudir le printemps.

 

On passe la première moitié de sa vie

à se sous-estimer.

et la deuxième à s'apercevoir

qu'on a surtout surestimé les autres.

 

En amour comme en musique

une fausse note n'est pas dramatique,

pire, c'est dommage.

 

Une amnésie sélective est,

pour la conscience,

le meilleur des tranquillisants.

 

Je suis toujours de l'avis du dernier

qui n'a rien dit.

 

Grégoire Lacroix extraits de les euphorismes de Grégoire ed Max Milo   

 

Demain la suite

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AGIR, JE VIENS

Publié le par riende9?

Poussant la porte en toi, je suis entré

Agir, je viens

Je suis là

Je te soutiens

Tu n'es plus à l'abandon

Tu n'es plus en difficulté

Ficelles déliées, tes difficultés tombent

Le cauchemar d'où tu revins hagarde n'est plus

Je t'épaule

Tu poses avec moi

Le pied sur le premier degré de l'escalier sans fin

Qui te porte

Qui te monte

Qui t'accomplit

 

Je t'apaise

Je fais des nappes de paix en toi

Je fais du bien à l'enfant de ton rêve

Afflux

Afflux en palmes sur le cercle des images de

  l'apeurée

Afflux sur les neiges de la paleur

Afflux sur son âtre... et le feu s'y ranime

 

AGIR, JE VIENS

Tes pensées d'élan sont soutenues

Tes pensées d'échec sont affaiblies

J'ai ma force dans ton corps, insinuée

... et ton visage, perdant ses rides, est rafraichi

La maladie ne trouve plus trajet en toi

La fièvre t'abandonne

 

La paix des voûtes

La paix des prairies refleurissantes

La paix rentre en toi

 

Au nom du nombre le plus élevé, je t'aide

Comme une fumerolle

S'envole tout le pesant de dessus tes épaules

   accablées

Les têtes méchantes d'autour de toi

Observatrices vipérines des misères des faibles

Ne te voient plus

Ne sont plus

 

Equipage de renfort

En mystère et en ligne profonde

comme un sillage sous-marin

Comme un chant grave

Je viens

Ce chant te prend

Ce chant te soulève

Ce chant est animé de beaucoup de ruisseaux

Ce chant est nourri par un Niagara calmé

Ce chant est tout entier pour toi

 

Plus de tenailles

Plus d'ombres noires

Plus de craintes

Il n'y en a plus trace

Il n'y a plus à en avoir

Où était peine, est ouate

Où était éparpillement, est soudure

Où était infection, est sang nouveau

Où étaient les verrous est l'océan ouvert

L'océan porteur et la plénitude de toi

Intacte, comme un oeuf ivoire.

 

J'ai lavé le visage de ton avenir

 

Henri MICHAUX Choix de poèmes d'Henri MICHAUX ed Gallimard  

 

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