Haïkus
Profond l'automne -
mon voisin
comment vit-il ?
Bashô
Soir d'automne -
il est un bonheur aussi
dans la solitude
Buson
De temps à autre
les nuages accordent une pause
à ceux qui contemplent la lune
Bashô
Profond l'automne -
mon voisin
comment vit-il ?
Bashô
Soir d'automne -
il est un bonheur aussi
dans la solitude
Buson
De temps à autre
les nuages accordent une pause
à ceux qui contemplent la lune
Bashô
Le vent d'automne s'est levé,
quel vol de blancs nuages !
L'herbe va jaunir, l'arbre s'effeuiller,
au sud fuit l'oie sauvage.
Mais reste à l'orchidée sa fleur,
l'arôme aux chrysantèmes,
Sans pouvoir l'oublier, mon coeur
songe à celle que j'aime.
De la Fen, ma barque en voguant
franchit l'eau tourmentée,
Et fait en travers du courant
jaillir l'onde argentée.
Au son des flûtes et tambours,
les chants des rameurs naissent.
Des plaisirs épuisés il sourd
d'autant plus de tristesse.
Jeunesse et vigueur, qu'en durent les jours ?
Quoi ! Déjà la vieillesse ?
Trésor de la poésie universelle Roger Caillois Jean-Clarence Lambert ed Gallimard / Unesco
Troupeaux de nuages
avec pour seul berger
le vent
A la source
nous remercions le soleil
de nous donner soif
Sur le chemin
que de fois nous a distraits
le papillon !
Il nous salua,
nous invita à entrer,
l'inconnu
Salim Bellen Tierra de Nadie (mouches, moines, et papillons) traduit de l'espagnol par Josette Pellet et Daniel Py ed unicité
Plus rien même pas la cendre
même pas le souvenir plus rien
Plus rien sauf cette joie de l'oubli
ce vent de l'oubli qui arrache tout
détruit tout et saccage le reste
Le moment est enfin venu de ne plus espérer
de ne plus attendre de ne plus croire
de ne plus s'imaginer de ne plus trembler
savoir qu'on ne craint plus le vide
que tout est consommé consumé désincarné
que ce qui était n'est plus plus rien
même plus rien même pas le néant
Je ne ricane plus je ne souris plus
je ne baisse plus les yeux ni ne les lève
je ne les frotte même plus je ne dors pas
je veille comme une pierre sans son ombre
et je suis transparent comme le temps
je vis comme vivent les nuages et la fumée
je m'efface jusqu'aux dernières traces
Philippe Soupault Poèmes à dire Une anthologie de poésie contemporaine francophone ed Poésie / Gallimard
Arc-en-ciel, oh! Arc-en-ciel,
Toi qui brilles là-haut, si haut,
Par-dessus la forêt si grande,
Au milieu des nuages noirs,
Partageant le ciel sombre.
Tu as renversé sous toi,
Vainqueur dans la lutte,
Le tonnerre qui grondait,
Qui grondait si fort, l'irrité !
Etait-il fâché contre nous ?
Au milieu des nuages noirs,
Partageant le ciel sombre
Comme le couteau qui tranche le fruit trop mûr,
Arc-en-ciel, Arc-en-ciel !
Et il a pris la fuite,
Le tonnerre tueur des hommes,
Comme l'antilope devant la panthère,
Et il a pris la fuite,
Arc-en-ciel, Arc-en-ciel !
Arc puissant du Chasseur de là-haut,
Du Chasseur qui poursuit le troupeau des nuages
Comme un troupeau d'éléphants effrayés,
Arc-en-ciel, dis-lui notre merci !
Dis-lui : Ne sois pas fâché !
Dis-lui : Ne sois pas irrité !
Dis-lui : Ne nous tue pas !
Car nous avons très peur,
Arc-en-ciel, dis-le-lui !
Trésor de la poésie universelle Roger Caillois Jean-Clarence Lambert
ed Gallimard / Unesco
Merci à Joruri / Opsimathe pour la suggestion de lecture