V
Nous avons érigé tes rêves
de lumière
Fervents et nus
L'automne nous habille de silence
Tahar Bekri Le coeur rompu aux océans : poèmes ed l'Harmattan
Nous avons érigé tes rêves
de lumière
Fervents et nus
L'automne nous habille de silence
Tahar Bekri Le coeur rompu aux océans : poèmes ed l'Harmattan
Profond l'automne -
mon voisin
comment vit-il ?
Bashô
Soir d'automne -
il est un bonheur aussi
dans la solitude
Buson
De temps à autre
les nuages accordent une pause
à ceux qui contemplent la lune
Bashô
Les fleurs sont tombées -
nos esprits maintenant
sont en paix
Koyû-Ni
Solitaire automne -
un soupir ah ! le son
d'une cloche lointaine
Yûsui
Repas d'automne -
par la porte ouverte
entre le soleil du soir
Chora
Pour t'avoir là dans la maison
Comme une étoffe toujours blanche
Et sans souci des lunaisons
Te caresser le long des hanches
Pour deviner ta jambe nue
Comme un soleil d'été qui traîne
Dans le ruisseau d'une avenue
Un matin de tristesse humaine
Pour ne savoir te désirer
A chaque instant dans chaque femme
Pour t'aimer comme un beau cheval
Dans la rue pleine de passants
Pour soulever dans ton sourire
Un ciel d'automne ses pommiers
Pour balayer d'une main large
Les flocons noirs du souvenir
J'ai retrouvé tout mon courage.
René-Guy Cadou Poésie la vie entière ed Seghers
L'automne est venue
sur l'oreiller
le vent me salue
Oh! Une araignée
de quelle voix chante-t-elle
dans le vent d'automne ?
Réveille-toi, réveille-toi
je veux devenir ton ami
papillon endormi !
A l'est, à l'ouest
le même sens du beau -
Vent d'automne
Toujours reverdissant sur les hautes ramures
depuis près de quatre-vingts ans,
tous nos poèmes entrelacés rêvent d'être le murmure
d'une vaste souccah au clair de lune qui danse
la hora d'automne en plein vent :
pour le plaisir des vieux et des jeunes enfants
sa grande porte bat entre terre et planètes
de jour comme de nuit ouverte à tout vivant !
Claude Vigée Visages de Poésie Vague de poètes en Méditerranée Jacques Basse ed Rafael de Surtis
Le vent d'automne s'est levé,
quel vol de blancs nuages !
L'herbe va jaunir, l'arbre s'effeuiller,
au sud fuit l'oie sauvage.
Mais reste à l'orchidée sa fleur,
l'arôme aux chrysantèmes,
Sans pouvoir l'oublier, mon coeur
songe à celle que j'aime.
De la Fen, ma barque en voguant
franchit l'eau tourmentée,
Et fait en travers du courant
jaillir l'onde argentée.
Au son des flûtes et tambours,
les chants des rameurs naissent.
Des plaisirs épuisés il sourd
d'autant plus de tristesse.
Jeunesse et vigueur, qu'en durent les jours ?
Quoi ! Déjà la vieillesse ?
Trésor de la poésie universelle Roger Caillois Jean-Clarence Lambert ed Gallimard / Unesco