Commencement
J'en ai assez d'écrire en prose
c'est vraiment trop déprimant
de rester égal à soi- même
en alignant des mots savants.
Si je commence un poème
je découvre le bonheur vrai
de ne jamais être obligé
de poursuivre la chanson.
Bien au contraire il faut rester
toujours au commencement
la poésie n'étant jamais
que ce qui ne va pas plus loin.
Une histoire bien sûr
mais qui ne se déroule pas
et nous laisse au bord du jour
sans savoir ce qui va
peut-être s'éclairer
parce que c'est la naissance
de ce qui ne fut jamais dit
et ne le sera jamais
rien qu'une lueur première
éblouissante et foudroyante.
André Dhôtel Poèmes comme ça Ed Le temps qu'il fait
Un soir, l'araignée
Un soir, l'araignée
ronfle en acrobate
elles fait des pompes
sur sa toile.
Des acouphènes
mais pas de sirène
non ça tintinnabule.
Nuit blanche
boite aux lettres jaune
nuages roses
arc-en-ciel
le vol et le chant
des oiseaux.
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pluie
Baldomero Fernandez Moreno
Le cygne, de temps en temps, se dresse, observe les rides à la surface de l'eau et, si elles ne lui plaisent pas, les modifie en deux battements d'ailes olympiens.
Le sommeil qui est le met le plus délicat du monde, peut lui aussi s'aigrir, devenir indigeste et donnner la nausée.
Il y a des styles qui donnent l'impression de pouvoir passer la main entre les mots et le papier, les soulever, et les rendre au soleil comme une chevelure ou un collier.
La migraine est un caillot rouge, palpitant, douloureux, derrière le front, presque invisible dans le miroir.
L'inspiration la plus vive on devrait la recevoir quand on est bien au chaud dans son lit.
Un diamant est toujours enchassé dans quelque chose ne serait-ce que dans sa propre lumière.
Ce qui m'étonne le plus, c'est de ne pas me retrouver avec un chef-d'oeuvre entre les mains, mais comme ça, de but en blanc, sans effort, en cadeau.
Je passe la moitié de ma vie a accumuler des papiers sans importance et l'autre moitié à essayer de m'en débarrasser.
En moi tout a été tardif sauf la douleur.
Je suis un homme du monde mais de l'autre.
Baldomero Fernandez Moreno Le papillon et la poutre Ed Pierre Mainard extraits
trois cafés
Il faudrait arrêter
les angoisses et cauchemars
il faudrait trouver
l'énergie
il faudrait
faire
il faudrait se taire
il faudrait "ignorer avec grâce"
il faudrait aussi
se limiter à trois cafés
Publié depuis Eklablog
Cette feuille morte est tombée avec tant de lenteur et de grâce, comme pour me montrer ce dont elle était encore capable.
Si ton vers ne laboure pas les siècles, qu'au moins il egratigne ta journée.
Chaque étoile veille sur le sommeil d'un oiseau.
Chaque fois que l'écrivain se fache avec sa femme il se met à ranger la bibliothèque.
Avec quelle fierté le parfum de la fleur d'oranger passe à travers les grilles du jardin !
Toute cette rosée ! s'est exclamé un enfant. Et c'était une flaque.
On avait envie de secouer doucement cette femme : on devinait en elle d'infinies possibilités. Comme dans ces jouets chinois qu'un geste transforme en dragon, en étoile, en fleur.
Derrière chaque caractère chinois, on pourrait facilement installer un jardin.
L'architecte brandissant un grand plan enroulé, entre dans sa maison à l'abordage.
Le ciel était découpé en criques, la lune ne savait pas où jeter l'ancre.
On résiste mieux à la musique et au vent de profil que de face.
Ce qui agace le plus les livres, c'est qu'on leur pose dessus un verre ou une tasse. Et c'est une vexation quotidienne.
Baldomero Fernandez Moreno Le papillon et la poutre aphorismes extraits Ed Pierre Mainard
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Haïkus
Couchant d'automne -
la solitude aussi
est une joie
Buson
Aux admirateurs de lune
les nuages parfois
offrent une pause
Bashô
Coeur
blanchi pas la pluie
carcasse battue par les vents !
Bashô









