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La voix de la pluie
Qui es-tu donc, ai-je demandé à l'averse tombant doucement,
Laquelle, étrange à dire, m'a répondu par les mots que je vous traduis :
Je suis le Poème de la Terre m'a dit la voix de la pluie,
Eternellement impalpable je monte de la terre, du fond insondable de la mer,
Je vais au ciel, d'où, forme vague, complètement transformée, et cependant identique,
Je descends baigner les sécheresses, les atomes, les nuages de poussière du globe,
Tout ce qui sans moi ne serait que germes latents, privés de voir le jour ;
Et sans jamais cesser, nuit comme jour, je redonne vie à ma propre origine, la purifie, lui donne sa beauté
(Car le chant qui naît à son berceau, lorsqu'il est accompli, s'en va à l'aventure,
Mais revient fidèlement, qu'il soit ou non abîmé, chez lui, avec amour).
Walt Whitman Feuilles d'herbe Poésie Gallimard
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Grignoteurs d'arbouses
les oiseaux fêtent
les beaux jours d'automne
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L'amour a les cheveux du monde, la voix de tous les jours, et les flèches du soleil. Il court quand il veut, si les saisons de miel s'arrêtent de tourner ou si la folie monte la garde aux carrefours. L'amour s'assied où il peut, sur les mursde la mélancolie ou sur les chevaux maigres de la pluie. L'amour ne voit pas ce qu'il fait, il caresse les rivières et bâtit son aurore à midi. L'amour s'endort sur les clous des étoiles. L'amour n'a pas de nom.
Alexandre Voisard l'intégrale 1 campoche
Rêve d'un rêve
Elle apparut un jour
souvenir elliptique
d'une voix fleurie
et d'un coeur étoilé
Des pieds nus si légers
qu'ils ne laissaient pas d'empreintes
sur le sable infini
des vacances en mal d'azur.
Rupture de l'horizon
où surgissait l'éclat
d'une terre étrangère
en dehors de tout secours
sinon la chance unique
d'une paix céleste
par le rêve d'un rêve
jamais oublié.
André Dhôtel Poèmes comme ça Ed Le temps qu'il fait
Ignorance
Je ne savais pas que pour vivre
il fallait un frigidaire
une machine à laver
et même un appartement.
J'ignorais que la poésie
se vendait aux enchères
après mise à prix d'un style
d'un idéal ou d'un scandale.
On m'avait dit que les images
pouvaient être surréelles
ou réelles mais toujours
avec nos sentiments les meilleurs.
Je n'ai pas de sentiments meilleurs
rien que l'odeur du pré sauvage
sous le ciel sans étoiles
où j'ai vu l'ange de l'orage
et deux ou trois éclairs d'amour.
André Dhôtel Poèmes comme ça Ed Le temps qu'il fait






