Publié depuis Eklablog
Cette feuille morte est tombée avec tant de lenteur et de grâce, comme pour me montrer ce dont elle était encore capable.
Si ton vers ne laboure pas les siècles, qu'au moins il egratigne ta journée.
Chaque étoile veille sur le sommeil d'un oiseau.
Chaque fois que l'écrivain se fache avec sa femme il se met à ranger la bibliothèque.
Avec quelle fierté le parfum de la fleur d'oranger passe à travers les grilles du jardin !
Toute cette rosée ! s'est exclamé un enfant. Et c'était une flaque.
On avait envie de secouer doucement cette femme : on devinait en elle d'infinies possibilités. Comme dans ces jouets chinois qu'un geste transforme en dragon, en étoile, en fleur.
Derrière chaque caractère chinois, on pourrait facilement installer un jardin.
L'architecte brandissant un grand plan enroulé, entre dans sa maison à l'abordage.
Le ciel était découpé en criques, la lune ne savait pas où jeter l'ancre.
On résiste mieux à la musique et au vent de profil que de face.
Ce qui agace le plus les livres, c'est qu'on leur pose dessus un verre ou une tasse. Et c'est une vexation quotidienne.
Baldomero Fernandez Moreno Le papillon et la poutre aphorismes extraits Ed Pierre Mainard