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Tahar Bekri

Publié le par riende9?

Les jours transportaient ses silences

dans les bois sonores, paroles arrachées

aux tempêtes, ce pays est mien, disait-il

aux matins de brume, oui, Jalal-Eddine Rûmi,

le monde tel un flocon d'écume !

 

Tahar Bekri Les songes impatients ed L'hexagone en tous lieux

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Le travail du poète (extrait)

Publié le par riende9?

                                                                                                    à Guillevic

I

Les belles manières avec les autres

Sur l'herbe pelée en été

Sous des nuages blancs

 

Les belles manières d'être avec les femmes

Dans une maison grise et chaude

Sous un drap transparent

 

Les belles manières d'être avec soi-même

Devant la feuille blanche

 

Sous la menace d'impuissance

Entre deux temps et deux espaces

 

Entre l'ennui et la manie de vivre

 

II

Qu'êtes-vous venu prendre

Dans la chambre familière

 

Un livre qu'on n'ouvre jamais

 

Qu'êtes-vous venu dire

A la femme indiscrète

 

Ce qu'on ne peut pas répéter

 

Qu'êtes-vous venu voir

Dans ce lieu bien en vue

 

Ce que voient les aveugles

 

III

La route est courte

On arrive bien vite

Aux pierres de couleur

Puis

A la pierre vide

On arrive bien vite

Aux mots égaux

Aux mots sans poids

Puis

Aux mots sans suite

 

Parler sans avoir rien à dire

On a dépassé l'aube

Et ce n'est pas le jour

Et ce n'est pas la nuit

Rien c'est l'écho d'un pas sans fin

 

IV

Une année un jour lointains

Une promenade le coeur battant

Le paysage prolongeait

Nos paroles et nos gestes

L'allée s'en allait de nous

Les arbres nous grandissaient

Et nous calmions les rochers

 

C'est bien là que nous fûmes

Réglant toute chaleur

Toute clarté utile

C'est là que nous chantâmes

Le monde était intime

C'est là que nous aimâmes

Une foule nous précéda

 

Une foule nous suivit

Nous parcourut en chantant

Comme toujours quand le temps

Ne compte plus ni les hommes

Et que le coeur se repent

Et que le coeur se libère

 

V

Il y a plus longtemps encore

J'ai été seul

Et j'en frémis encore

 

O solitude simple

O négatrice du hasard charmant

J'avoue t'avoir connue

 

J'avoue avoir été abandonné

Et j'avoue même

Avoir abandonné ceux que j'aimais

Au cours des années tout s'est ordonné

Comme un ensemble de lueurs

Sur un fleuve de lumière

Comme les voiles des vaisseaux

Dans le beau temps protecteur

Comme les flammes dans le feu

Pour établir la chaleur

Au cours des années je t'ai retrouvée

O présence indéfinie

Volume espace de l'amour

 

Multiplié

 

(...)

 

Paul Eluard Poésie ininterrompue ed Poésie / Gallimard 

 

 

 

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Haïkus

Publié le par riende9?

Troupeaux de nuages

avec pour seul berger

le vent

 

A la source

nous remercions le soleil

de nous donner soif

 

Sur le chemin

que de fois nous a distraits

le papillon !

 

Il nous salua,

nous invita à entrer,

l'inconnu 

 

Salim Bellen Tierra de Nadie (mouches, moines, et papillons) traduit de l'espagnol par Josette Pellet et Daniel Py ed unicité

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François Cheng

Publié le par riende9?

Bonjour à toi

Le jour advient

 

Et se surprend

Et se souvient

 

- Frayeur soumise

Douleur vaincue -

 

Et se fait don

Bleu ébloui

 

François Cheng Le long d'un amour ed Arfuyen

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The cactus channel

Publié le par riende9?

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Ondatropica Tiene sabor, tiene sazon

Publié le par riende9?

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13

Publié le par riende9?

La musique seule

peut occuper le lieu de la pensée.

Ou son non-lieu,

son propre espace vide,

son vide plein.

 

La pensée est une autre musique.

 

Et la pensée seule

peut à son tour occuper le lieu de la musique

et s'infiltrer comme elle

à l'extrémité la plus lointaine de ce qui existe,

comme un presque animal si conséquemment fin

où l'être cesse d'être l'être

pour être un peu plus que l'être.

 

Roberto Juarroz dixième poésie verticale ed Corti traduction de François-Michel Durazzo

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Le don

Publié le par riende9?

Le don

 

Paul Eluard Man Ray Les mains libres ed Poésie / Gallimard

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Georges Perros

Publié le par riende9?

Je suis né dans une mansarde

d'où l'on entendait le matin

des laitiers qui drelin drelin

réveillaient les biberonneuses.

 

Ici naquit Georges Machin

qui pendant sa vie ne fut rien

et qui continue Il aura

su tromper son monde en donnant

quelques fugitives promesses

mais il lui manquait c'est certain

de quoi faire qu'on le conserve

en boîte d'immortalité.

 

Prendre l'air était son métier.

 

Georges Perros Une vie ordinaire ed Poésie / Gallimard 

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L'écoute intérieure

Publié le par riende9?

Quelquefois

des dieux dans la fleur de l'âge

venus de la lumière de minuit

par des chemins d'éclairs

s'envolent en toi

dans un silence de châtaigne.

 

Peuple sans signature

ni généalogie

dépourvu d'alphabet

ils ne sont plus personne :

sinon des matelots de l'air

ramant vers l'infini.

 

Ils pénètrent dans la mesure du songe

tel un été tardif.

De leurs voix semblables au vol

ils t'emplissent de signes

de labyrinthes

et de doute.

 

Nohad Salameh D'autres annonciations ed Le Castor Astral 

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