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mambrino

LIBERTE CHERIE

Publié le par riende9?

Tout est complet, inscrit. Chaque tige,

chaque feuille gravée dans la matière

du ciel. Même l'eau arrondit ses

molécules sur le modèle de l'horizon,

ourlant cette longue vague volup-

tueuse sous la paume de la brise. La

virgule d'un triton vient juste avant la

fin de la dictée. Et pourtant manque le

point. La phrase alerte ne cesse d'aller

à sa guise, de pousser plus loin, à la

découverte. Le mouvant palimpseste

était calligraphié dès l'origine, mais à

chaque instant, chez le dernier venu,

des mots surprises se structurent, se

peaufinent. Et partout la caline

murmure : allons, la vie, on improvise !

 

Jean Mambrino N'être pour naître ed José Corti 

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Jean Mambrino

Publié le par riende9?

 

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Séparés

rose et torrent,

hirondelles

sur l'or du ciel,

 

et deux regards

dans deux pays

frôlant

leur mémoire.

 

Pourtant

toujours unis,

tous communient,

au sein du Temps.

 

Jamais trop tard.

Pourquoi ? Comment ?

 

Jean Mambrino Grâce ed Arfuyen

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Jean mambrino

Publié le par riende9?

Respire l'espace de la nuit

pour approfondir ton désir,

avale avec ce souffle

une goulée d'astres et de constellations,

écrase de tes dents une grappe de galaxies.

Tu es né pour la splendeur,

une autre sorte d'ange. Il est étrange

que tu refuses en toi cet infini.

 

Jean MAMBRINO Comme un souffle de rosée bruissant ed Arfuyen 

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Une phrase dans le ciel

Publié le par riende9?

Il s'est toujours caché au fond de tes blessures.

Même le feu sulfureux peut te purifier

en t'éclairant. Les ténèbres de la chair lancent

la lueur où toute peur s'efface, devant

la vérité de soi, offerte simplement

à celui qui voit jusqu'au fond de ta carence.

Un train roule au loin, dans la nuit, avec les rêves

des dormeurs, lourds de passions. Les cris

de soleils égorgés crèvent dans nos mémoires.

Le réveil est un miracle, où la déraison

d'un Brasier infini détruit tous les déchets

obscurs. Cette douceur qu'il te faut recevoir

se mêle et se révèle aux premiers chants d'oiseaux,

qui copient, très haut, une phrase dans le ciel.

 

Jean MAMBRINO La pénombre de l'or ed Arfuyen

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Publié depuis Eklablog

Publié le par riende9?

Les grands automnes

                  descendent de la montagne

                                                en silence

       jusqu'aux abeilles qui abandonnent

                     nos dernières roses

              où la rosée le matin

                       a déjà le parfum de la neige

 

Jean Mambrino L'oiseau-coeur extrait Stock-poésie

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image du jour

Publié le par riende9?

Accueil

Le seul animal de sortie au jardin aujourd'hui

"Chaque jour son visage
mais le même paysage
...
C'est le train-train absolu"
(extrait chanson)

"Plus lente que l'indolence
l'irruption du poème"
(Jean Mambrino Le mot de passe éditions José Corti)

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Le mot de passe

Publié le par riende9?

Le coeur croise sa souffrance
sans la reconnaître

Trois brindilles suffisent à l'araignée
pour tisser sa constellation

Le dedans véritable
est peut-être dehors

Un tonerre
qui parlerait à voix basse

Ne demeure
que ce qui change

Marque les choses d'un regard
qui les préservera

Ils te reconnurent
à leurs blessures

Navigue tranquille
entre les phares des mots

Quant aux frontières fuit l'illimité
apparaît l'immobile

Efface pour inscrire
l'invisible

Jean Mambrino Editions José Corti

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