Publié depuis Eklablog
bof bof
elle fera mieux
la prochaine fois
Un oiseau
se perd
dans le chèvrefeuille
Le moineau
fait la course
avec l'auto
bof bof
elle fera mieux
la prochaine fois
Un oiseau
se perd
dans le chèvrefeuille
Le moineau
fait la course
avec l'auto
Il faut du temps pour être sincère, c'est à dire pour pouvoir exprimer au plus juste tout ce qu'on pense et tout ce qu'on sent.
Joubert dans Ces mots qui nourrissent et apaisent phrases et textes relevées au cours de mes lectures de Charles JULIET ed P.O.L.
La solitude
le froid du printemps
rien d'autre
Uemura Sengyo
Regards à l'horizon
narines au ciel_
ces fleurs de printemps !
Ueshima Onitsura
Averse de pétales _
je voudrais boire
l'eau des brumes lointaines !
Kobayashi Issa
Si on veut faire tout ce qu'on doit
on n'a plus le temps
de faire tout ce qu'on aime.
Je suis jaloux des fleurs :
elles plaisent aux femmes
sans le faire exprès.
Il est plus facile d'éblouir que d'éclairer.
On a beau chercher, on trouve rarement
de vraies raisons d'être sur de soi ;
mais c'est quand-même bien d'essayer.
Il est très mal élevé
d'être le meilleur en tout.
La-dessus j'ai beaucoup de savoir-vivre.
On n'enferme pas un rêve,
même s'il est fou.
Le poète est, comme tout homme,
prisonnier de lui-même,
mais il a su, lui,
s'envoler avec la cage.
J'ai abandonné la peinture
quand j'ai constaté que ma palette
était plus belle que mes tableaux.
Même les plus jolies fleurs
se font de l'ombre entre elles.
Il me dit que sa solitude
lui tient compagnie.
C'est trop beau pour être faux.
Je ne suis pas sûr
de partager tous mes goûts.
Essayer de vouloir est plus difficile
que vouloir essayer.
Quand on doute de soi
on a toujours raison.
Mais il ne faut pas que
ça devienne une habitude.
Ne pouvant m'offrir des vases Ming,
je me contente de sandales tong.
Grégoire Lacroix extraits de les euphorismes de Grégoire ed Max Milo
Avec moi, le ménage
c'est aussi taudis aussitôt fait.
L'amour c'est comme le jazz :
c'est n'importe quoi
mais pas n'importe comment.
Pourquoi faire les choses à moitié
quand le quart suffit ?
Le temps n'est pas maître de notre destin,
il n'en est que le comptable.
Il y a des moments tellement magiques
qu'ils vous donnent
la nostalgie du présent.
A force de me planter
je vais bien finir par pousser.
On n'est adulte que lorsqu'on a pris la
mesure de son insignifiance.
Ceux qui exigent la vérité
ne devraient pas s'en plaindre.
L'amour que l'on ressent
ne donne aucun droit,
celui que l'on inspire aucun devoir.
Avec l'âge on renonce
à bien des choses
dont on aurait pu se passer
beaucoup plus tôt.
Le papillon bat des ailes,
comme pour applaudir le printemps.
On passe la première moitié de sa vie
à se sous-estimer.
et la deuxième à s'apercevoir
qu'on a surtout surestimé les autres.
En amour comme en musique
une fausse note n'est pas dramatique,
pire, c'est dommage.
Une amnésie sélective est,
pour la conscience,
le meilleur des tranquillisants.
Je suis toujours de l'avis du dernier
qui n'a rien dit.
Grégoire Lacroix extraits de les euphorismes de Grégoire ed Max Milo
Demain la suite
Poussant la porte en toi, je suis entré
Agir, je viens
Je suis là
Je te soutiens
Tu n'es plus à l'abandon
Tu n'es plus en difficulté
Ficelles déliées, tes difficultés tombent
Le cauchemar d'où tu revins hagarde n'est plus
Je t'épaule
Tu poses avec moi
Le pied sur le premier degré de l'escalier sans fin
Qui te porte
Qui te monte
Qui t'accomplit
Je t'apaise
Je fais des nappes de paix en toi
Je fais du bien à l'enfant de ton rêve
Afflux
Afflux en palmes sur le cercle des images de
l'apeurée
Afflux sur les neiges de la paleur
Afflux sur son âtre... et le feu s'y ranime
AGIR, JE VIENS
Tes pensées d'élan sont soutenues
Tes pensées d'échec sont affaiblies
J'ai ma force dans ton corps, insinuée
... et ton visage, perdant ses rides, est rafraichi
La maladie ne trouve plus trajet en toi
La fièvre t'abandonne
La paix des voûtes
La paix des prairies refleurissantes
La paix rentre en toi
Au nom du nombre le plus élevé, je t'aide
Comme une fumerolle
S'envole tout le pesant de dessus tes épaules
accablées
Les têtes méchantes d'autour de toi
Observatrices vipérines des misères des faibles
Ne te voient plus
Ne sont plus
Equipage de renfort
En mystère et en ligne profonde
comme un sillage sous-marin
Comme un chant grave
Je viens
Ce chant te prend
Ce chant te soulève
Ce chant est animé de beaucoup de ruisseaux
Ce chant est nourri par un Niagara calmé
Ce chant est tout entier pour toi
Plus de tenailles
Plus d'ombres noires
Plus de craintes
Il n'y en a plus trace
Il n'y a plus à en avoir
Où était peine, est ouate
Où était éparpillement, est soudure
Où était infection, est sang nouveau
Où étaient les verrous est l'océan ouvert
L'océan porteur et la plénitude de toi
Intacte, comme un oeuf ivoire.
J'ai lavé le visage de ton avenir
Henri MICHAUX Choix de poèmes d'Henri MICHAUX ed Gallimard
Rien
Seulement Rien
"Rien" s'élève du naufrage
Plus grand qu'un temple
plus pur qu'un dieu
"Rien" suffit
frappant le reste d'insignifiance
Bénédiction par le "Rien"
pour l'éternité
"Rien"
réjouissant le coeur
distribué à tous
Henri MICHAUX extrait de vers la complétude Choix de poèmes d'Henri MICHAUX ed Gallimard
Qui sur notre sol reçoit encore le baiser de la joie jusqu'au fond du coeur ?
Henri MICHAUX extrait de la lettre choix de poèmes d'Henri MICHAUX ed GALLIMARD