• Rendez-vous

     

    Poèmes de la libellule traduit du japonais par Judith Gautier illustration par Yamamoto

    auteur inconnu

    Ed Beaux Arts de Paris


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  • L'olivage ayant commencé ne serai pas trop présente quelques temps enfin si la météo est clémente, à bientôt,

    vous pouvez toujours fouiller sur le blog en attendant il y a pas mal à lire, écouter ou regarder.


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  • Il est rare que je parle de la tv mais une fois n'est pas coutume.

    Si vous avez raté l'émission d'hier soir je vous invite à la regarder normalement elle repasse en deuxième partie de soirée le samedi ou dimanche sinon en replay sur le site de la 5 peut-être.

    J'ai regardé pour Pierre Rabhi qu'on ne présente plus et fidèle à lui même, un régal : "La poésie devrait être partout dans la vie et pas que dans les livres". J'ai particulièrement apprécié son intervention sur les bahuts, caisses, boîtes dans la vie de l'homme.

     

    J'y ai découvert Sylvain Tesson que je ne connaissais pas, belle surprise.

     

    Ensuite me suis lamentablement endormie et ai raté le reste des invités, désolée mais je compte bien revoir l'émission aussi.

     

    Sur ce bonne journée 


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  • Surgie du luxe qu'est le silence

    tu veilles à la frontière du domaine des signes

    dans l'échancrure de l'encre heureuse

    qui t'emporte vers la voie lumineuse

    où se meut le mystère.

     

    Là / à l'orée de l'instant inaltérable

    derrière les tentures du songe

    plus rien ne fait écran

    à l'avancée vertigineuse de tes graphies

    tandis que tes empreintes digitales

    brasillent sur fond de meurtrissure.

     

    Alors sans cesser de respirer

    - matière liquéfiée par l'eau princière de l'esprit -

    tu te regardes devenir présage de l'ailleurs

    du dedans et du terme :

    lieu séminal d'une page

    en quête au plus profond de toi

    d'autres saignées.

     

    Nohad Salameh

    Le livre de Lilith

    Avec deux lavis de Colette Deblé

    Ed L'Atelier du Grand Tétras


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  • Dans un ensemble lointain de dimensions récupérées à la casse, dans un plan astral nullement conçu pour planer, les tourbillons de brumes stellaires frémissent et s’écartent…

    Voyez…

    La tortue la Grande A’Tuin apparaît, elle fend d’une brasse paresseuse l’abîme interstellaire, ses membres pesants recouverts d’un givre d’hydrogène, son antique et immense carapace criblée de cratères météoritiques. De ses yeux vastes comme des océans, encroûtés de chassie et de poussière d’astéroïdes, Elle fixe le But Ultime.

    Dans son cerveau plus grand qu’une ville, avec une lenteur géologique, Elle ne songe qu’au Fardeau.

    Une bonne partie du fardeau est évidemment due à Bérilia, Tubul, Ti-Phon l’Immense et Jérakine, les quatre éléphants géants dont les larges épaules bronzées par les étoiles soutiennent le disque du Monde que la longue cataracte enguirlande sur son vaste pourtour et que surplombe le dôme bleu layette des Cieux.

    L’astropsychologie n’est toujours pas parvenue à établir à quoi ils pensent.

    L’existence de la Grande Tortue restait du domaine de l’hypothèse jusqu’au jour où Krull, un petit royaume cachottier dont les montagnes les plus proches du Bord saillent au-dessus de la Grande Cataracte, conçut un système de portique et de poulie à la pointe de son rocher le plus à pic et fit descendre plusieurs observateurs par-dessus le Rebord dans un vaisseau de cuivre aux hublots de quartz afin qu’ils regardent par-delà les voiles de brume.

    Une fois remontés au bout de leur long pendoir par d’immenses équipes d’esclaves, les premiers astrozoologistes furent en mesure de fournir maints renseignements sur la conformation et la nature d’A’Tuin et des éléphants, mais qui ne répondaient pourtant pas aux interrogations fondamentales sur la nature et le but de l’Univers.

    Par exemple, quel était le sexe d’A’Tuin ? Cette question vitale, affirmaient les zoologistes avec une autorité croissante, resterait sans réponse tant qu’on n’aurait pas construit un portique plus grand et plus puissant permettant de lâcher un vaisseau dans l’espace profond. En attendant, ils ne pouvaient qu’émettre des conjectures sur le cosmos révélé.

    Par exemple, une théorie avançait qu’A’Tuin venait de nulle part pour se rendre nulle part, indéfiniment, d’une brasse uniforme, ou reptation continue. Une théorie populaire chez les universitaires.

    Une autre, qui avait la faveur de la religion, voulait qu’A’Tuin se déplace de Son Lieu de Naissance vers l’Heure du Frai, à l’image de toutes les étoiles du ciel, elles aussi manifestement transportées à dos de tortues géantes. À l’arrivée, elles s’accoupleraient dans une étreinte brève et passionnée, une seule et unique fois, et de cette union fougueuse naîtraient de nouvelles tortues qui véhiculeraient une nouvelle série de mondes. On connaissait cette hypothèse sous le nom de théorie du Big Bang, ou de la Grande Secousse.

    Voilà comment un jeune cosmochélonologiste de la faction de la Reptation Continue, alors qu’il testait un nouveau télescope grâce auquel il espérait mesurer l’albédo précis de l’œil droit de la Grande A’Tuin, fut en cette soirée mémorable le premier observateur extérieur à voir, dans la direction du Moyeu, s’élever la fumée de l’embrasement qui ravageait la plus ancienne cité du monde.

    Plus tard le même soir, absorbé par ses études, il avait déjà tout oublié de l’événement. Ce fut pourtant lui le premier.

    Il y en eut d’autres…


    Terry Pratchett "La huitième couleur"


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